partie 1 : Le recours au portrait en actes pour peindre les caractères
Tout d'abord, nous remarquons que l'auteur met en place le caractère d'un personnage en le confrontant à une situation, une action, qui fait ressortir toute l'étendue de son caractère. Se faisant, il parvient à peindre un caractère humain. Dans le texte 1, la situation évoquée est par exemple un problème financier : le personnage de Rastignac veut savoir comment réussir à Paris. Vautrin lui conseille d'être malhonnête et fourbe : "l'honnêteté ne sert à rien" (l.25). Ces propos éclairent d'abord le caractère de Vautrin, et mettent en avant un caractère manipulateur et crapuleux, mais aussi : le dialogue confronte Vautrin à Rastignac, prêt à entendre de tels conseils, enclin à l'ambition démesurée et sans limites. Dans le texte de Stendhal, c'est la présence de Julien Sorel et la situation de rencontre qui permet, cette fois, de révéler la profonde gentillesse de Mme de Rênal, car, comme l'exprime le narrateur : "elle eut pitié"11-12. Cette révélation s'accompagne de commentaires du narrateur devant la scène : "quand une voix douce lui dit..." (l.17). Dans ce passage, l'attente d'un prêtre méchant déjouée par l'arrivée d'un tout jeune homme révèle au lecteur une maîtresse de maison adoucie et pleine de nouveaux charmes. Le texte de Rabelais, extrait de Gargantua peint dans une situation grotesque, le caractère violent et incontrôlable d'un moine en frac désireux de protéger son vin des pillards. L'énumération de verbes désignant une extrême violence qui va de la ligne 13 à la fin de l'extrait : "asséna/.../ renversait/.../ frappant/.../" apporte une impression de rage et fixe un caractère marqué par l'héroïsme et la sauvagerie. Le dernier texte peint un caractère plus réaliste, mais marqué par un rapport très intime : le narrateur suit dans l'action d'un bal ou soirée mondaine, les pas d'une ancienne connaissance. Il évoque une souffrance de l'homme rencontré et évoque son combat avec le temps qui passe et l'a fait vieillir. La souffrance morale vient enrichir ce caractère : "vague de souffrance", il est peint dans une action poétique dans laquelle le vieil homme est comme "bousculé dans une tragique rafale" (L.16-17). L'action est symbolique, mais complète le tableau d'une profonde solitude du personnage face à la mort, qui résonne comme un caractère universel. Les quatre auteurs parviennent donc, par la confrontation d'un personnage avec une situation d'action bien spécifique, à peindre les caractères humains.